La vraie shariâ est une shariâ acceptée par tous

La vraie shariâ est une shariâ acceptée par tous
La vraie shariâ est une shariâ acceptée par tous

Nous ne voulons pas d’une shariâ imposée. Notre shariâ repose sur la foi. Une shariâ imposée n’est pas la shariâ. La vraie shariâ, c’est une shariâ acceptée par tous.

Dimanche, un grand rassemblement pour la paix s’est tenu dans le stade du 26 mars à Bamako, convoqué par Mahmoud Dicko

Cet homme, qui est le Président du Haut Conseil Islamique du pays, et qui a rencontré récemment des chefs des rebelles, et notamment d’Ansar Dine et du Mujao, a une influence grandissante au Mali. Il a tenu un discours fort, où il a affirmé son refus des excès d’Ansar Dine, qui, outre la destruction de tombeaux de marabouts, s’est signalé récemment par une application extrêmement rigoureuse de la sharia, en lapidant un couple non marié, et en faisant couper la main à un voleur.

Mais Mahmoud Dicko n’a pas seulement soulevé les 50.000 personnes réunies au stade en affirmant la nécessité d’un Islam modéré, et le refus d’une application moyen-âgeuse de la shariâ.

Il a aussi affirmé :

Ce qui arrive maintenant est le résultat de la corruption et de la trahison érigée en système.

en appelant la classe politique à se resaisir.

Mahmoud Dicko

Mahmoud Dicko

Il est intéressant de voir la distinction faite par Mahmoud Dicko entre le Mujao et Ansar Dine. Les seconds seraient des « Frères Muslmans maliens », tandis que les premiers seraient « des étrangers qui sont un danger pour le Mali ». Malgré tout, dans la même interview, il rappelle que, fondamentalement, l’Islam au Mali a toujours été modéré, et que c’est aux maliens que revient la décision d’appliquer ou pas la shariâ, et pas à une force qui ne représente qu’elle même.

Lui même se positionne comme, et uniquement comme chef religieux, en refusant de prendre une position politique – qui pourrait l’entraver dans son rôle de médiateur. Tout en précisant que, le Mali étant à 95% musulman, et lui même étant à la tête du Conseil Musulman, il ne peut se désintéresser de ce qui se passe dans le pays.

Quand on rapproche cela de sa déclaration sur la corruption, on voit bien une position où il souhaite rester à l’écart des partis, et de la politique politicienne, tout en influant sur la politique de son pays.

Cela s’est d’ailleurs concrétisé au début de l’année par la décision du HCI de présenter certains de ses membres aux élections, ce qui semblait parfaitement normal à Mahmoud Dicko, en tant que citoyen. Ce n’est effectivement pas la première fois que le HCI organise de grands rassemblements pour communiquer à la population musulmane son point de vue sur des enjeux importants de la vie politique.

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