L’Afrique francophone au festival de Locarno

L’Afrique francophone au festival de Locarno
L’Afrique francophone au festival de Locarno

Se tenant chaque été dans la localité suisse italophone de Locarno (et c’est sans doute pour cela que la page d’accueil du site semble disponible seulement en italien), le festival du film de Locarno a l’habitude, chaque année, d’inviter des réalisateurs d’un pays ou d’une zone géographique à la partie « Open Doors ». Après l’Inde en 2011, c’est l’Afrique Francophone sub-saharienne (donc à l’exclusion du Maghreb) qui est invitée.

Comme l’explique Olivier Pierre, le directeur du Festival, sur son blog personnel, « après un âge d’or dans les années 80 où le cinéma africain était bien représenté dans les festivals internationaux, les images de l’Afrique […]manquent« . Les réalisateurs africains, confrontés à de nombreuses difficultés, ont plus de mal à faire entendre leurs voix.

Difficultés économiques et politiques, d’abord, dans un continent qui – et en particulier dans la partie francophone – a connu de nombreux conflits meurtriers et se trouve confronté à un appauvrissement relatif de plus en plus important face à des pays « en voie » de développement de plus en plus développés, l’Afrique est de plus en plus pauvre.

Dans des pays où il est plus difficile de se nourrir, plus difficile de travailler et de s’éduquer, le cinéma est malheureusement pour beaucoup secondaire, dans la pyramide des besoins.

Affiche du festival de Locarno

La deuxième contrainte qui pèse sur le cinéma africain, c’est, comme en Occident, mais finalement bien plus, la facilité du piratage. Généralisé de façon industrielle dans toute l’Afrique, où les DVD copiés se vendent seulement pour quelques centimes de plus que prix du support, il met en péril de façon grave la rentabilité de tout projet cinématographique destiné au marché local avant tout.

Enfin, dans de nombreux pays, les pressions qui pèse sur le cinéma sont aussi culturelles et religieuses. Si elle atteint rarement les sommets qu’on a pu voir dans des pays comme l’Iran, si on n’a pas entendu parler de scandales comme celui suivant la présentation de Persépolis, le film de Marjane Strapi, à Tunis, les pressions sur ce qui est permis ou pas de montrer sont réelles, et constituent aussi un frein à la créativité.

C’est dire l’intérêt de cet « Open Doors » qui va plus loin que la simple présentation de films. Il s’agit aussi, et presque avant tout, d’un lieu de rencontre, où les cinéastes confirmés ou amateurs peuvent avoir accès à des professionnels, des producteurs, et avoir un retour sur leur travail et leurs projets.

Un appel a candidatures a donc été lancé, pour finir par sélectionner douze projets, qui passent en ce moment même dans le Laboratoire de Production. Les trois projets sélectionnés recevront des prix : 50.000 francs suisses pour le premier, 7.000 euros offerts par le Centre national du cinéma et de l’image animée pour le second, et 6.000 euros au titre de l’International Relations ARTE Prize  pour le troisième.

Largement répercutée, l’initiative a suscité plus de 150 soumissions. Les douze finalistes sont originaires de xxx pays  : le Burkina Faso (trois projets), le Sénégal (trois projets), Mali (deux projets), Cameroun (deux projets), Madagascar (un projet),  et Ile Maurice (un projet)

  • Ailleurs  de Leslie Tô (Burkina Faso)
  • Black Sunshine d’Akosua Adoma Owusu (Sénégal/Ghana)
  • De la rue à l’école de Pape Tall (Sénégal)
  • Faso Fani, la fin du rêve de Michel K. Zongo (Burkina Faso)
  • Fragments de vies de Laza (Madagascar)
  • Il Faut Quitter Bamako d’Aïssa Maïga (Mali)
  • La prochaine fois, le Feu de Mati Diop (Sénégal)
  • Le Président de Jean-Pierre Bekolo (Cameroun)
  • Lombraz Kan de David Constantin (île Maurice)
  • Nyè de Daouda Coulibaly (Mali)
  • Pakitalaki, portrait d’une famille d’Adama Sallé (Burkina Faso)
  • Toutes voiles dehors de Jean-Marie Teno (Cameroun)

Tandis que les professionnels appelés à juger ces projets comptent parmi eux Idrissa Ouédraogo, qui avait participé au festival en 1989 avec Grand-mère, et Gaston Kaboré, César du meilleur film francophone en 1983 avec Wend Kuuni (Le don de Dieu) ainsi que Cheick Oumar Sissoko, participant à Locarno en 1995 avec Guimba et  Abderrahmane Sissako qui a été sélectionné à Cannes en 2006 pour Bamako

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